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LE NOMBRIL DE VENUS (umbilicus rupestris)

Pour cette 2ème chronique, je vous propose d’aller explorer les grands talus bien ombragés des chemins creux.
Vous trouverez des tapis de feuilles rondes, charnues, au bord crénelé, légèrement creusées en entonnoir ( ... ou en nombril !) : c’est le fameux nombril de Vénus.
Vous le trouverez aussi en abondance à la base des vieux murs siliceux.
Pas d’odeur particulière chez cette plante, mais une texture épaisse, juteuse, croquante.
Le nombril de Vénus est une plante vivace qui supporte mal les grosses chaleurs ; dès que les températures montent, ses feuilles fanent, disparaissent et sa tige fleurie se développe.
Sa floraison est très discrète, ne cherchez pas du rouge ou du bleu mais une tige toute droite garnie de très nombreuses fleurs en clochettes de couleur blanc-jaunâtre qui s’épanouissent et grainent avant les grosses chaleurs ; ensuite, la plante se met en dormance jusqu’à l’automne, saison à laquelle elle redémarrera tranquillement à partir de ses racines ou des ses nouvelle graines.

La feuille de nombril c’est l’assiette de lutin pour des repas zéro déchets.
Vous choisissez une feuille bien verte et pas encore ramollie, vous la garnissez d’une tartinade d’alliaire, de jeunes feuilles de plantain ou de lierre terrestre (rendez-vous à la prochaine chronique pour faire sa connaissance), vous l’ornez d’une fleur de coucou, de violette, de cardamine des prés …ou encore d’une noisette de terre.
La noisette de terre est le tubercule du conopode dénudé (récolté avant la floraison) qui a un goût et un croquant de noisette fraîche(cf la photo).
Vous pouvez aussi, bien sûr, manger le nombril de Vénus en salade associé à l’alliaire, le pissenlit, le sédum reprise, les pousses de gaillet mollugine … et bien d’autres encore.
C’est plus sa forme qui fera votre régal, son goût est très léger si ce n’est un peu d’âcreté.

Le nombril, c’est aussi l’une des herbes à pansements. Ses propriétés cicatrisantes
soulageront les égratignures de la cueillette ; pour cela, enlever la fine pellicule de surface et appliquer la feuille sur la coupure, la brûlure….

Peu de confusion possible avec cette espèce à la forme bien typée, mais attention, les intoxications aux plantes sauvages sont presque toujours le fait de débutants pressés … l’apprivoisement de toute cette luxuriance verte prend du temps !

Et bien sûr, ne pas oublier toutes les précautions de cueillette : être sûr de la détermination botanique, de la « propreté» du lieu et ne pas « piller » la station.

PS : le printemps est très rapide cette année, c’est presque l’été chez les plantes, il commence à être plus difficile de trouver des feuilles non ramollies par la chaleur et le fleurissement de la plante, mais il est encore temps de bien l’observer pour la goûter le printemps prochain.

De Madame Marie Cloteau-Girard, ethnobotaniste - mariegirard.com
Publication "le nombril de venus" le 14 avril 2020